Refus IPR, projet reconversion avec formation + création d'entreprise

Bonjour,

Je sollicite votre aide afin d’identifier la stratégie juridique la plus pertinente suite à un refus de France Travail dans le cadre d’un réexamen des droits ARE après 121 jours. Ce refus intervient dans un contexte où je doute que l’Instance Paritaire Régionale (IPR) ait disposé de l’intégralité de mon dossier, et où la notion d’« efforts suffisants » semble avoir été appréciée sans tenir compte du cadre contractuel fixé par France Travail lui-même.

:one: Situation personnelle et cadre juridique

  • J’ai démissionné le 18/08/2025, alors que j’étais en congé parental long (mars 2023 → août 2025), en partie non indemnisé.

  • En raison de cette situation, je ne pouvais pas bénéficier du dispositif “ démission -reconversion” (Transitions Pro).

  • La seule voie juridiquement ouverte pour solliciter l’ARE était donc le réexamen après 121 jours.

:two: Projet professionnel et cadre fixé par le contrat d’engagement

  • Projet de retour à l’emploi par formation et création d’activité dans le champ de l’habitat (immobilier / architecture d’intérieur).

  • CEP réalisé avant inscription France Travail, validant la cohérence et la faisabilité du projet.

  • Contrat d’engagement / PPAE signé avec France Travail, ne stipulant que la formation comme action principale à mener. Ce contrat ne prévoit aucune obligation de recherches d’emploi salarié sur la période concernée.

  • Démarches : Formation certifiée EDAI (financée par CPF + 1 500 € sur fonds personnels) et accompagnement à la création d’activité via BGE / CREASCOPE, ADIE, ateliers, webinaires, étude de marché.

:warning: Précision importante : Le livrable issu du rendez-vous CREASCOPE (BGE) n’a pas été joint au dossier par erreur de ma part. Ce document précise une mobilisation hebdomadaire estimée à 20 heures, attestant du caractère intensif et structuré de la démarche de reconversion.

:three: Position de la conseillère France Travail Lors des échanges précédant le réexamen, ma conseillère (informée de ma disponibilité réelle) m’a indiqué qu’il n’était pas réaliste de cumuler simultanément une formation intensive, un projet de création, et une reprise d’emploi salarié.

  • En cohérence, la prestation « Un emploi stable » a été annulée car jugée inadaptée à mon projet.

  • Les offres d’emploi reçues étaient indiquées comme automatiques.

  • Mes refus d’offres ont été explicitement justifiés par mon projet de création et formalisés par la conseillère dans un compte rendu d’entretien.

  • Il m’a été demandé uniquement de signaler un éventuel avertissement automatique, confirmant que je n’étais pas tenue à une recherche d’emploi salarié classique.

:four: Dépôt du dossier et problème de traçabilité

  • Dossier papier complet déposé en agence le 19/12/2025.

  • Le 19/12, l’espace France Travail affichait une rubrique “pièces transmises” complète.

  • Le 24/12, seules certaines pièces ont été étiquetées/numérisées par la conseillère dans deux rubriques (“formation” et “création”), avec des mentions génériques. La rubrique “autres documents” indique 0 document.

  • Problème : Les pièces essentielles de contexte (CEP, cohérence globale, chronologie, cadre contractuel) n’apparaissent pas comme rattachées à la décision de refus.

:five: Décision contestée

  • Refus du réexamen ARE par l’Instance Paritaire Régionale.

  • Motif : « efforts jugés non suffisants ».

:six: Éléments nouveaux postérieurs à la décision

  • Poursuite effective et intensive de la formation.

  • Participation à un job dating organisé par France Travail (IAD) le 08/01/2026.

:seven: Élément déterminant complémentaire Un message écrit de ma conseillère confirme que la prestation « Un emploi stable » a été annulée et que mon accompagnement était orienté formation/création. Cela soulève deux hypothèses :

  1. Soit l’IPR a eu connaissance de ces éléments et a ignoré le cadre contractuel (contradiction interne).

  2. Soit l’IPR n’a pas eu accès à ces éléments, ce qui pose la question de la complétude du dossier.

:red_question_mark: Questions juridiques

  1. Puis-je obtenir la copie exacte du dossier transmis à l’Instance Paritaire Régionale (IPR) ou, à défaut, un inventaire des pièces effectivement transmises, afin de vérifier la complétude de l’instruction ?

  2. Une décision fondée sur des « efforts jugés non suffisants » est-elle contestable si l’IPR n’a eu accès qu’à une partie du dossier, alors que le contrat d’engagement ne prévoyait que la formation (sans obligation de recherche d’emploi salarié) ?

  3. La production a posteriori, dans le cadre d’un recours gracieux, de la pièce manquante (rapport d’expertise tiers certifiant 20h/semaine) constitue-t-elle un élément de preuve contraignant pour l’administration ? Autrement dit, l’IPR a-t-elle l’obligation de réexaminer le fond du dossier au vu de cette preuve matérielle d’activité qui contredit le motif du refus ?

  4. Les consignes données par la conseillère (annulation de prestation, dispense de recherche, refus d’offres justifiés) doivent-elles être prises en compte dans l’appréciation des “efforts” (principe de confiance légitime) ?

  5. Quelle est la voie de recours la plus pertinente dans ce contexte : réclamation argumentée, médiation France Travail, ou autre recours administratif ?

Je vous remercie par avance de vos retours, je sais que l’explication est longue mais j’ai énormément de questions sans réponse.

Caroline

Bonjour

Pour répondre à certaines de vos questions …

  • France travail n’est pas tenu de vous produire la copie de la fiche de synthèse résumant votre parcours qui a été transmise à la commission paritaire chargée d’examiner votre dossier - c’est un document qui reste en interne (L’agence France travail + la commission)

Il est probable que toutes les infos n’ont pas été annotées sur cette fiche de synthèse compte tenu de la diversité des actions engagées de votre coté qui sont axées sur la création d’entreprise

Côté commission , ils sont beaucoup plus axés sur les fondamentaux : 1°) - Le salarié a t-il retravaillé pendant le délai d’attente de 4 mois ? - 2°) A -t-il engagé ou suivi une formation qualifiante facilitant la reprise d’un emploi salarié ?

Tout ceci pour vous dire que les commissions en général n’attachent que peu d’importance (voire pas du tout) aux formations axées sur la création d’entreprise

Je ne vois pas de recours possibles aussi bien auprès du médiateur de FT qu’auprès du tribunal administratif

Merci beaucoup pour votre retour franc, je le comprends bien.

Vous mettez effectivement le doigt sur ce qui semble avoir été le point de rupture : la lecture du dossier par l’IPR a très probablement reposé sur une synthèse appauvrie, faute d’avoir eu communication du livrable BGE attestant concrètement de mes démarches.

Mon questionnement porte donc moins sur l’appréciation discrétionnaire de la commission que sur l’instruction elle-même. La circulaire Unédic 2023-02 précise d’une part que les actes accomplis en vue de reprendre ou développer une entreprise constituent des efforts positifs, et d’autre part qu’un nouvel examen est possible lorsqu’un élément n’a pas été porté à la connaissance de l’instance.

Dans cette logique, mon éventuel recours viserait uniquement à corriger une instruction matériellement incomplète, en produisant une pièce tierce (rapport BGE) objectivant une mobilisation hebdomadaire chiffrée et validée, absente lors du premier examen.

J’ajoute que la formation suivie est par ailleurs professionnalisante et développe des compétences directement mobilisables en emploi salarié à moyen terme dans le secteur de l’agencement et de l’habitat, ce qui renforce l’analyse des efforts engagés, indépendamment du choix ultérieur du statut.

Pensez-vous que cet angle strictement procédural (complétude de l’instruction / élément non examiné), complété par cette précision, soit le plus pertinent juridiquement dans ce type de situation ?

J’ignore si la production d’une pièce tierce (rapport BGE) permettrait une nouvelle étude de votre dossier par la commission paritaire (?)
Ca ne coute rien de le demander par lettre recommandée adressée au directeur de l’agence France travail
Joindre une copie des justificatifs
En vous souhaitant le meilleur