Pression managériale, arrêt de travail et SMS culpabilisant : comment réagir ?

Bonjour à tous,

Je me permets de solliciter vos avis concernant une situation professionnelle qui devient très difficile à vivre pour moi.

Je travaille depuis plus de 4 ans au sein d’une école de commerce. À mon arrivée, tout se passait très bien. J’accompagnais les étudiants dans leur recherche d’employeur pour des contrats d’apprentissage et j’appréciais réellement mon métier. Mon responsable de l’époque occupait le même poste que moi et nos relations étaient excellentes.

Cependant, depuis le 1er janvier 2026, notre établissement a été racheté par un groupe certificateur parisien. À cette occasion, mon responsable est devenu cadre et son mode de management a profondément changé.

Depuis cette date, nous sommes soumis à un suivi très poussé : demandes hebdomadaires de KPI, sollicitations fréquentes sur LinkedIn, parfois même le week-end, envois de SMS en dehors des horaires de travail, pression constante sur les résultats, etc.

J’ai toujours effectué mon travail avec sérieux et implication. Toutefois, depuis plusieurs mois, je ressens une pression croissante à mon égard. Mon manager hausse régulièrement le ton pour des sujets parfois mineurs, me confie des missions qui dépassent mon périmètre habituel et exerce un contrôle permanent sur mon activité.

Progressivement, cette situation a commencé à avoir des répercussions importantes sur ma vie personnelle. J’avais de plus en plus de difficultés à déconnecter du travail, avec une anxiété persistante en dehors des horaires professionnels. J’ai même développé de mauvaises habitudes pour tenter d’évacuer cette pression, notamment une consommation d’alcool plus importante le soir.

Face à cette situation, j’ai consulté mon médecin traitant qui a constaté un état d’épuisement professionnel et m’a prescrit un arrêt de travail de 4 semaines afin que je puisse me reposer et prendre du recul.

Vendredi dernier, j’ai transmis mon arrêt de travail à mon employeur par mail. Dans ce même message, j’ai précisé qu’en cas de réelle urgence, je souhaitais être contacté uniquement par mail et non par téléphone ou SMS.

Pourtant, environ 2 heures après l’envoi de mon arrêt, j’ai reçu le SMS suivant de mon manager :

« Bonjour Thomas, j’ai bien reçu ton arrêt de travail. Je suis très surpris et j’aurais aimé que tu m’en parles au lieu d’être sur le fait accompli. Je vois que mon management et notre communication ne fonctionnent pas. Je suis assez déçu et triste de le constater. Bon rétablissement. »

La réception de ce message a provoqué chez moi une forte montée d’anxiété. Dans le contexte de mon arrêt pour épuisement professionnel, je l’ai ressenti comme culpabilisant et particulièrement malvenu, d’autant plus que j’avais demandé à ne pas être contacté par SMS.

Mes interrogations sont donc les suivantes :

  • Ce type de message peut-il être considéré comme inapproprié ou constituer un élément à prendre en compte dans un éventuel dossier de harcèlement moral ?

  • Un employeur ou un manager peut-il continuer à me contacter pendant mon arrêt de travail malgré ma demande de privilégier les échanges par mail et uniquement en cas d’urgence ?

  • Quels réflexes me conseillez-vous d’adopter afin de me protéger juridiquement si la situation se dégrade à mon retour ?

  • Existe-t-il des dispositifs permettant un retour au travail avec un aménagement particulier, notamment lorsque la difficulté concerne une personne précise dans l’entreprise (visite de pré-reprise, médecine du travail, changement d’organisation, etc.) ?

  • Enfin, comment distinguer juridiquement un management exigeant d’une situation pouvant relever du harcèlement moral ?

Je tiens à préciser que j’apprécie toujours mon métier et mes missions. Mon malaise est principalement lié à la relation avec mon manager et à son mode de management depuis le changement de direction.

Je vous remercie par avance pour vos retours et les éclairages que vous pourrez m’apporter.

Bien cordialement,

Thomas

Bonjour,

Pas à lui tout seul, non. Ni le fond ni la forme ne sont problématiques.

Oui s’agissant d’un message ponctuel accusant réception de votre arrêt, regrettant que la situation se soit dégradée au point de nuire à votre santé et vous souhaitant un bon rétablissement.

Aller voir un syndicat ou consulter votre protection juridique

En attendant, déconnectez-vous de tous les canaux professionnels.

Il peut y avoir aménagement ou inaptitude si votre poste actuel met en danger votre santé. Mais sauf faute démontrée, l’aménagement ne pourra avoir lieu au préjudice d’un autre salarié. Cela veut dire que votre employeur ne pourra par exemple pas imposer un changement de poste à votre actuel supérieur pour améliorer vos conditions de travail. Il ne pourra le sanctionner que si une faute est démontrée. Sinon ce sera à vous de vous adapter.

C’est souvent difficile. De manière générale le harcèlement moral est difficile à démontrer. Dans un cas comme le vôtre, impossible d’avoir un avis sur un forum. Il faut soumettre le dossier à un avocat.

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Bonjour Isadore,

Je vous remercie vivement pour votre réactivité et toutes vos réponses détaillées. Un manager est-il en droit de nous écrire ou nous appeler pour parler travail en dehors des horaires appliquées (y compris le week-end) ?

Aucun syndicat n’est présent au sein de mon entreprise, ni CSE malheureusement.

Cordialement,

Vous appeler pour vous parler du travail proprement dit, non, sauf urgence grave ou force majeure (peu probable au vu de votre poste).

Il peut vous écrire à l’heure qui lui plaît, vous n’êtes pas obligé de lire. Vous avez le droit d’interdire à votre employeur d’utiliser vos coordonnées personnelles (téléphone ou mail), et vous êtes censé vous déconnecter des messageries et appareils professionnels. Le salarié est lui aussi censé respecter ses temps de repos, et peut être sanctionné en cas de manquement.

Un syndicat de votre branche peut vous assister même s’il n’est pas représenté dans l’entreprise. D’ailleurs ce n’est pas une mauvaise chose d’être syndiqué avant d’avoir des problèmes… tous les syndicats proposent un accompagnement juridique à leurs adhérents.

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Je vous remercie pour votre réactivité et prendrais les mesures nécessaires.

Je vous souhaite une agréable journée.

Cordialement,

Tom

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et lorsque vous ne serez plus en arrêt, confirmer bien votre reprise à votre employeur, afin qu’il prenne un rdv pour une visite de reprise.
-c’est à l’employeur de le faire,

-cette visite de reprise (VR) est obligatoire après 60 jours d’arrêt maladie simple mais dans votre cas, elle semble impérative; donc si votre employeur vous indique cette régle, vous serez en droit d’insister pour en demander une .

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Merci Preventeure, Isadore pour votre professionnalisme et votre réactivité !

C’est tout de même triste d’en arriver là, car j’apprécie mon travail et je pense être un bon élément au sein de l’entreprise. Malheureusement, la pression exercée par ce management a progressivement affecté mon moral et m’a peu à peu épuisé.

Je ne suis pas quelqu’un de procédurier, mais je souhaitais malgré tout connaître mes droits ainsi que les possibilités qui s’offrent à moi pour continuer à exercer mes fonctions sereinement, sans avoir le sentiment d’être constamment surveillé ou ciblé par des méthodes de management qui ne correspondent absolument pas à mon profil.

Ce type de management peut convenir à certaines personnes, mais il peut également produire l’effet inverse chez d’autres, en entraînant une perte de motivation, d’engagement et d’envie. C’est malheureusement ce qui s’est produit dans mon cas.

À l’heure actuelle, je ne sais même plus comment sortir de cette situation, si ce n’est en quittant mon emploi. Cependant, compte tenu du contexte économique actuel et des difficultés du marché du travail, cette solution est loin d’être aussi simple qu’elle pourrait paraître.

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Bonjour preventeure,

Je me permets de revenir vers vous quant à la VM, vous m’indiquez que c’est à l’employeur de le faire, cependant, connaissant l’organisation interne de mon entreprise je suis persuadé qu’ils ne le feront pas … Dans ce cadre, est-ce que j’ai le droit de mon côté de demander un rdv auprès de la médecine du travail de mon initiative ? Merci par avance.

Cdlt,

Bonjour,

Oui, un salarié peut à n’importe quel moment demander une visite à la médecine du travail, même si le rendez-vous a lieu sur ses heures de travail. Il peut même demander à ce que son employeur n’en soit pas informé (mais dans ce cas un salarié doit organiser le rendez-vous sur son temps libre).