Harcèlement moral pendant une alternance, proposition de rupture à l'amiable

Bonjour, je parle pour une amie proche. Je suis en L3 droit, mais je n’ai pas les compétences requises pour l’aider. A est alternante dans une entreprise de négociation et de fabrication de produit chimique, depuis le 1er septembre 2025. Elle est étudiante en IUT Chimie, 3ème année. La première période d’entreprise a été exécutée du 29 septembre au 31 octobre. Durant cette période d’intégration, elle a été comparée et rabaissée à plusieurs reprises par rapport à un ancien alternant, présent encore 1 mois avant. Ce par son responsable de laboratoire, L et sa maître de stage, J.

Elle est ensuite retournée après une période à l’IUT, le 1er décembre jusqu’au 24 décembre. Durant cette période, la relation professionnelle s’est largement dégradée, les communications se sont amoindries. Lors du bilan de première période d’alternance le jeudi 11 décembre 2025, L s’est montré particulièrement agressif dans ses propos, en lui déclarant : “On dirait que tu es en stage et pas en alternance, on dirait pas que tu es en BUT 3 chimie”, mais encore “On dirait que tu es là que pour 2-3 mois, tu es salariée, tu n’es pas en stage tu es vraiment salariée, il faut que tu mérites ton salaire. Je ne sais pas si tu te rends compte mais tu es payée, alors oui c’est peut-être pas beaucoup mais t’es payée, donc il faut que tu mérites ton salaire”. A souligne que le ton employé était effectivement offensant.

Il a également déclaré qu’elle n’était “pas assez chimiste”, un propos particulièrement blessant considérant son parcours scolaire. Ils mettent régulièrement en avant son manque d’autonomie et d’initiative, or ce n’est pas le but d’une alternance, A est en apprentissage et il est de leur devoir de l’accompagner dans sa réussite. A a malgré tout réussi à s’exprimer, et a relevé le fait que le rythme de travail était très variable, alternant avec des périodes de forte ou de faible activité.

Suite à ses paroles, L lui a rétorqué “Donc ça veut dire qu’à des moments tu te fais chier ?”. Cette répartie agressive ne favorise pas le dialogue, et cette déformation des paroles de A lui permet de les retourner contre elle en accentuant leur gravité. Il a également déclaré : “Si tu trouve le temps long, pourquoi ne fais-tu pas les solutions d’acide nitrique?”, “Si tu n’avais plus de solution tu pouvais toi-même aller aux corrosifs chercher la nitrique” mais encore “Les nitriques tu as mis beaucoup trop de temps si tu dis que tu te fais chier”.

Il retourne les paroles de A pour l’attaquer personnellement avec des accusations directes. Enfin, L décide de lui poser une question soudaine “Si je te dis acide “acétique” à 80%, tu mets 1 gramme. Donc si tu as une teneur à 8%, et bien tu mets combien de grammes ?”, ce à quoi A a répondu “Je mets 10 grammes”. L rétorque “Bah ouais bah tu vois c’est ça, c’est trop long, ça devrait être du tac au tac en faite, parce que c’est juste un facteur 10, ça devrait être simple”. Cette question soudaine surprend A, ne lui laissant pas le temps de réfléchir. Et malgré sa bonne réponse, il lui reproche le temps qu’elle met. Cette scène dépeint la manipulation dont il fait preuve doublée des reproches constants envers A même quand elle a la bonne réponse.

Enfin, J avait remis à A le lundi 8 décembre une feuille bilan afin qu’elle s’auto-évalue. Après avoir jeté un coup d’œil à sa feuille, L lui fit la remarque suivante “franchement tu es beaucoup trop gentille, parce que des fois tu mets B mais moi je t’aurais mis un C”, mais il n’a pas expliqué pourquoi et sur quel point. C’est de nouveau une preuve de rabaissement, de manipulation et de pression morale. J a plutôt appuyé sur le fait que sa réussite scolaire dépend de sa réputation au sein de l’entreprise. A craint les représailles et l’impact que l’entreprise peut avoir sur l’obtention de son diplôme. A perçoit ses propos comme des menaces et elle redoute que ses tuteurs lui donnent de mauvaises appréciations. Voici les paroles d’A : “Oui mais si je fais ça [dénoncer ses tuteurs] c’est noté, je veux pas qu’ils me saquent non plus, la note d’alternance ça fait quasiment tout sur la troisième année”.

En plus de cette manipulation et pression autour de l’obtention de son diplôme, J a pu faire des remarques négatives également, telle que “Dès que c’est pas écrit tu sais pas faire”, “Est ce qu’on peut te faire confiance ou est ce que je dois encore passer derrière toi sur tes résultats”, sachant qu’elle lui a donné une habilitation fin octobre pour livrer les citernes toute seule, ce qui pose question. J lui fait des remarques dans son quotidien aussi, alternant entre “Non mais A, je vois que tu es assez brutale, mais il faut pas que tu te presses, il n’y a pas le feu au lac, tu prends ton temps et quand tu seras plus à l’aise sur les analyses tu pourras plus te dépêcher” et “A dépêche toi faut libérer la citerne !”. A est confuse à cause de ces directives contradictoires, elle est perdue et ne sait plus comment se comporter.

Depuis tout ça, A a reçu son bilan le 9 janvier 2026, où les seuls points positifs relatés étaient le respect des consignes de sécurité, la bonne tenue de son cahier et le port des équipements. A a commis plusieurs erreurs : casse de verreries, libération d’une citerne alors qu’il y avait des particules non conformes qu’elle n’avait pas vu. Toutefois, ces erreurs auraient pu ne pas être faites si elle était moins stressée.

Sur les recommandations de ses amies, A a lancé une procédure auprès de la DRH de l’entreprise pour harcèlement moral. Il s’est avéré après une audition, qu’une « enquête » serait effectuée, or elle n’a pas été concluante, pour l’entreprise, il n’y a pas harcèlement moral. Suite à cela, A a souhaité un rendez-vous face à face avec L et J pour mieux appréhender son retour le 9 février jusque fin août sans interruption. Le rendez-vous a eu lieu le 2 février, durant celui-ci J n’a pas assumé une seule fois ses propos, s’est dépeinte comme victime : « je suis une maman solo avec un enfant, j’ai eu tellement peur d’être licenciée pour harcèlement moral », « depuis que cette affaire a commencé, tout le monde en parle et j’ai pris du retard en 3 semaines ». Pendant ce temps, la DRH, a demandé à A comment pouvait-elle faire pour que ça se passe mieux, la traduisant comme une fautive dans cette histoire et non comme une victime. La DRH lui a laissé 2 jours pour donner une réponse entre rester à l’entreprise ou partir avec une rupture conventionnelle. J a précisé ne se sentant plus capable d’être la tutrice de A. La médiatrice de A lui a fortement conseillé d’accepter la rupture conventionnelle car il y avait un risque de rupture unilatérale de l’initiative de l’entreprise. A a peur des représailles, de comment son retour pourrait se passer, peur que ce soit pire qu’avant, mais en même temps, si elle arrête son alternance ici, elle devra trouver un stage en moins de deux semaines, et sera payée près de 2 fois moins, or, elle ne pourrait plus vivre avec ses factures. De la même manière, A ne veut pas se laisser faire, mais elle a peur.

Que lui conseillerez-vous ? Que risque-t-elle ? Une rupture unilatérale est vraiment possible (car j’en doute) ? Si rupture unilatérale y avait, aurait-elle gain de cause au Conseil des Prud’hommes selon vous ?

Merci beaucoup !