Bonjour,
Vous êtes aide à domicile relevant de la convention collective nationale IDCC 3239 (particuliers employeurs et emploi à domicile). Votre retraite anticipée pour état de santé a été acceptée, ce qui implique une rupture de vos contrats de travail à votre initiative. Cette rupture ouvre droit à plusieurs sommes, et vos deux employeurs récalcitrants ont des obligations précises à votre égard.
Ce que vos employeurs doivent vous remettre
À la fin de chaque contrat de travail, chaque particulier employeur est tenu de vous remettre le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l’attestation France Travail. Refuser de remettre ces documents est illégal.
Les sommes dues à la rupture
Vous avez droit au dernier salaire correspondant aux heures travaillées jusqu’à la fin du contrat, ainsi qu’à une indemnité compensatrice de congés payés pour les congés acquis et non pris.
Vous avez également droit à une indemnité conventionnelle de départ volontaire à la retraite. Point crucial : dans votre secteur, cette indemnité n’est pas versée directement par chaque particulier employeur, mais par l’APNI (Association Paritaire Nationale Interbranche), un organisme mutualisé. Il faut donc faire une demande auprès de cet organisme, renseignez-vous auprès du CESU ou de votre organisme de recouvrement pour obtenir le formulaire.
Pour en bénéficier, il faut justifier d’au moins 10 ans de périodes d’emploi dans le secteur des particuliers employeurs, et d’au moins 5 ans au cours des 7 dernières années. Avec 17 ans d’ancienneté dans le secteur, vous avez droit à 1,5 mois de salaire brut de référence.
Sur les 254 € proposés pour 17 ans
Ce montant paraît insuffisant si l’employeur prétend qu’il s’agit de l’indemnité de départ à la retraite — rappelons que celle-ci est versée par l’APNI et non par l’employeur directement. Si les 254 € correspondent uniquement aux congés payés restants ou au dernier salaire au prorata, le montant peut être exact. Demandez un détail écrit et signé du calcul, poste par poste.
Point important : la notification formelle de la rupture
Dans la convention collective IDCC 3239, chaque particulier employeur doit être notifié individuellement et par écrit de la rupture du contrat, soit par lettre recommandée avec accusé de réception, soit par lettre remise en main propre contre décharge. Sans cette formalité, le contrat n’est pas officiellement rompu et vos droits ne sont pas encore exigibles.
Vérifiez donc si vous avez bien une preuve écrite de la notification de votre départ pour chacun des deux employeurs récalcitrants. Si ce n’est pas le cas, envoyez sans attendre une lettre recommandée avec accusé de réception actant votre départ volontaire à la retraite et la date de fin de contrat.
Ce que vous devez faire maintenant
La première démarche est de régulariser la notification écrite si vous n’en avez pas de preuve, puis d’exiger par lettre recommandée le solde de tout compte et les documents de fin de contrat, en rappelant vos droits issus de la convention IDCC 3239. Parallèlement, contactez l’APNI pour votre indemnité de retraite.
Si les employeurs refusent toujours, le Conseil de prud’hommes est la seule juridiction compétente pour ce type de litige — le conciliateur rencontré à Pornic ne l’est pas.
Compte tenu de vos difficultés de santé actuelles, il est vivement conseillé de vous faire accompagner, que ce soit par un syndicat (FO, CFDT, CGT — permanences gratuites), la Maison de Justice et du Droit la plus proche, ou un avocat.