Quel montant dois-je négocier pour ma rupture conventionnelle

Bonjour,

Je suis en dans une ESN depuis presque 4 ans, l’entreprise ne me trouve pas de mission depuis moins d’un an maintenant, elle a commencé à évoquer la rupture conventionnelle entre deux discussions on peut dire.

Après m’être bien documenté sur le sujet, je voulais savoir si ça pouvait être cohérent de demander 8/9 mois de salaires brut.

Je pars du principe que la demande n’émane pas de moi, et je pensais qu’on allait tout de même finir l’année et essayer d’avoir une opportunité plutôt que d’en arriver là. Ma précédente mission a été chez un client facturée pendant 3 ans non-stop.

Pour un licenciement abusif, je vois 3 mois min à 4 mois max pour l’ancienneté + 3 mois de préavis de cadre en convention Syntec ( + le montant minimum légal, un peu plus de 1 mois ? Inclus déjà ou est-ce en plus ? ), soit un minimum de 7 mois, est-ce bien cela ?
Je pars dans l’extrême pour avoir une base de négociation, même si je n’espère pas en arriver là car il n’y avait aucune tension ou autres problèmes, juste pas de mission…
J’étais encore motivé pour continuer, même si dans ces conditions, cela pourrait devenir étrange j’imagine !

Merci pour vos retours,

Nathan

Bonjour,

Votre demande de 8 à 9 mois de salaire brut peut servir de base de négociation, mais ce montant n’est pas automatiquement dû. Dans une rupture conventionnelle, le montant résulte d’un accord avec l’employeur.

Les repères utiles

Si vous êtes cadre Syntec avec près de quatre ans d’ancienneté, l’indemnité conventionnelle minimale est, en principe, d’environ 1/3 de mois de salaire par année, soit autour de 1,33 mois de salaire brut.

En cas de licenciement, le préavis cadre Syntec est généralement de trois mois et s’ajoute à cette indemnité s’il est payé sans être effectué. En revanche, il n’existe pas de préavis automatique en rupture conventionnelle : la date de fin de contrat est négociée.

Les 3 à 5 mois prévus par l’article L. 1235-3 du Code du travail pour quatre ans d’ancienneté correspondent à une indemnité prud’homale éventuelle en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Ce n’est donc pas un montant dû dans une rupture conventionnelle.

Attention au différé chômage

C’est le point à intégrer avant de négocier une indemnité supra-légale importante. La partie de l’indemnité qui dépasse le minimum légal ou conventionnel entraîne un différé spécifique d’indemnisation : elle retarde le début du versement de l’allocation chômage, sans réduire en principe la durée totale de vos droits.

À ce différé spécifique s’ajoutent :

  • le différé lié aux congés payés non pris, s’ils vous sont réglés ;
  • le délai d’attente fixe de 7 jours.

Le différé spécifique est calculé par France Travail à partir de la fraction supra-légale de l’indemnité, avec un plafond légal. Il faut donc distinguer le montant effectivement négocié et votre besoin de trésorerie pendant la période sans allocation. Une indemnité élevée reste intéressante si elle compense largement ce décalage, mais elle doit être négociée en connaissance de cause.

Négociation

Votre argumentaire peut s’appuyer sur l’initiative de l’entreprise, près d’un an d’intercontrat et les trois années de mission facturée. Vous pouvez demander 8 ou 9 mois comme montant global, en précisant que cela inclut une indemnité supra-légale destinée à compenser l’absence de préavis et la sécurité financière recherchée.

Refuser une rupture conventionnelle n’est pas une faute. Ne signez pas sans vérifier votre classification Syntec, le minimum conventionnel applicable et la date de rupture proposée.

Bonjour

Au sujet du différé d’indemnisation de France travail :

Le différé est applicable sur la part d’indemnité de rupture versée qui dépasse l’indemnité légale de licenciement (: 1/4 de mois de salaire brut X nombre d’années d’ancienneté dans l’entreprise)
Dans l’hypothèse d’une indemnité de rupture négociée égale à 8 mois de salaire bruts : Quotient du montant total de 7 mois de salaire bruts (8 - 1) / 111,8 = X (plafonné à 150 jours calendaires de différé)
S’ajoute le différé des jours de congés payés réglés avec le solde de tout compte + 7 jours d’attente pour l’instruction du dossier d’indemnisation