Clause de non-concurrence abusive?

Bonjour

Je suis salarié et souhaite savoir si ma clause de non-concurrence dans mon_contrat_ de_ travail est abusive:

Article X – Clause de non‑concurrence

En raison des fonctions exercées par le salarié et de l’accès privilégié qu’il détient à des informations sensibles concernant la clientèle, les prospects, les prestations, les méthodes et l’organisation interne de la société, il est institué une clause de non‑concurrence destinée à protéger les intérêts légitimes de l’entreprise après la rupture du contrat_ de_ travail, quel qu’en soit le motif.

Interdictions professionnelles
À compter de la cessation effective du contrat, le salarié s’interdit, directement ou indirectement, à titre gratuit ou onéreux, pour son propre compte ou pour celui d’un tiers, d’exercer toute activité concurrente de la société. Cette interdiction couvre notamment les situations suivantes :

a) Interventions auprès de certains clients ou prospects
Le salarié ne peut travailler pour des clients ou prospects pour lesquels la société l’a sollicité ou auxquels il a participé dans le cadre de ses missions au cours des douze mois précédant la rupture du contrat.

b) Activité au sein d’une entreprise concurrente
Le salarié ne peut exercer une activité au sein d’une entreprise ou d’un groupe développant une activité similaire, connexe ou complémentaire à celle de la société, même si cette activité ne constitue qu’une partie de l’activité globale de l’entreprise concernée.

c) Interventions auprès des clients suivis au cours des douze derniers mois
Le salarié ne peut travailler pour les clients qu’il a personnellement pris en charge durant l’année précédant la rupture, y compris celui pour lequel il a réalisé son dernier projet.

  1. Champ d’application
    a) Activités concernées
    La clause s’applique uniquement aux fonctions ou activités similaires à celles exercées par le salarié au sein de la société.

b) Durée
La durée de l’interdiction est fixée à un an à compter de la date de départ effectif du salarié.

c) Zone géographique
La clause s’applique dans les régions suivantes : Bretagne, Pays de la Loire, Centre‑Val de Loire, Nouvelle‑Aquitaine, Normandie, Hauts‑de‑France (Nord), ainsi que dans les départements limitrophes.

  1. Contrepartie financière
    En contrepartie de cette restriction, la société versera au salarié une indemnité mensuelle égale à 35 % de la moyenne mensuelle de son salaire_ brut fixe, calculée sur les douze derniers mois précédant la rupture, ou sur les mois complets travaillés si l’ancienneté est inférieure à un an.
    Sont exclus du calcul : primes, bonus, avantages en nature et rémunérations exceptionnelles.

L’indemnité inclut les congés_ payés à hauteur de 10 % de son montant et sera versée mensuellement pendant toute la durée d’application de la clause.

  1. Renonciation ou réduction
    La société peut renoncer à l’application de la clause ou en réduire la durée à trois, six ou neuf mois.
    La décision doit être notifiée au salarié dans un délai maximum de 15 jours :

à compter de la notification de la rupture lorsque celle‑ci émane de l’employeur ;

à compter de la réception de la notification de rupture lorsque celle‑ci émane du salarié.

En cas de rupture à l’initiative du salarié, celui‑ci doit rappeler dans son courrier de _démission l’existence de la présente clause.

En cas de renonciation, aucune indemnité n’est due. En cas de réduction, l’indemnité est ajustée proportionnellement à la durée retenue.

  1. Sanctions
    En cas de violation de la présente clause, le salarié sera redevable, sans mise en demeure préalable, d’une indemnité forfaitaire équivalente à douze fois son dernier salaire_ brut_ mensuel.
    Cette sanction s’applique sans préjudice du droit pour la société de solliciter la cessation immédiate de l’activité concurrentielle et d’engager toute action visant à obtenir réparation intégrale du préjudice subi.

Bonjour,

Votre clause de non‑concurrence ne paraît pas manifestement nulle dans son principe, car elle contient les éléments habituellement exigés : un intérêt légitime de l’entreprise, une durée limitée à un an, une zone géographique définie, une limitation aux fonctions similaires et une contrepartie financière de 35% du salaire fixe brut moyen, avec possibilité de renonciation par l’employeur dans un délai de 15 jours. De ce point de vue, elle semble donc juridiquement structurée.

En revanche, elle peut être contestée sur son étendue, car elle cumule plusieurs interdictions très larges : travailler pour certains clients ou prospects, pour les clients suivis durant les douze derniers mois, ou encore dans une entreprise ayant une activité similaire, connexe ou complémentaire, sur un périmètre couvrant plusieurs grandes régions et leurs départements limitrophes. Or, selon la jurisprudence, une clause de non‑concurrence n’est valable que si elle est proportionnée et vous laisse une possibilité réelle de retrouver un emploi conforme à votre formation et à votre expérience. En pratique, le point décisif sera donc vos fonctions réelles : si vous aviez un rôle commercial important, un accès direct à la clientèle ou à des informations sensibles, la clause a davantage de chances d’être admise ; à l’inverse, si votre poste était plus limité, elle peut être jugée excessive. La pénalité de douze mois de salaire brut en cas de violation peut aussi être discutée, car une clause pénale peut être réduite par le juge si elle est manifestement excessive.

En résumé, la clause n’est pas évidemment abusive, mais elle est suffisamment large pour pouvoir être discutée sérieusement selon votre poste exact et votre secteur d’activité.

Bonjour,
Merci beaucoup pour cette analyse tres pertinente et de bon conseil.
Cordialement
DG

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